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Contentieux — Règlement européen sur l'IA (AI Act) Mis à jour le Lecture 7 min

Obligation de maîtrise de l'IA (article 4) : les litiges

Depuis février 2025, fournisseurs et déployeurs de systèmes d'IA doivent agir pour la maîtrise de l'IA de leur personnel. Réécrit en juillet 2026, l'article 4 est invoqué dans des litiges de travail et de formation, où la question est d'abord factuelle : quelles mesures ont été prises, et étaient-elles adaptées ? Cette fiche traite du litige, pas de la formation elle-même.

L'essentiel

L'article 4 du règlement européen sur l'IA s'applique depuis le 2 février 2025 à tout système d'IA, pas seulement à ceux à haut risque. Sa rédaction a changé le 27 juillet 2026 : fournisseurs et déployeurs doivent désormais prendre des mesures pour favoriser la maîtrise de l'IA de leur personnel, sans être tenus de garantir un niveau donné pour chaque personne ; auparavant, le texte visait à garantir, dans toute la mesure du possible, un niveau suffisant. Le règlement ne prévoit aucune amende propre pour cet article, et la Commission précise qu'aucun certificat n'est exigé. Dans un litige, les questions sont donc des questions de fait : quels outils d'IA étaient réellement utilisés, quelles mesures existaient à la date des faits, étaient-elles adaptées aux outils, aux rôles et aux risques, et que prouvent les traces de leur suivi ?

Situation type

Un salarié est licencié pour avoir transmis des données de clients à un assistant d'IA grand public et remis un livrable contenant une erreur non vérifiée. Il soutient que son employeur l'avait laissé utiliser l'outil sans formation ni consigne sur ses limites, et invoque l'article 4 pour contester que la faute lui soit imputable.

Variante : une entreprise reproche à un organisme de formation une formation « AI Act article 4 » générique, sans lien avec les outils qu'elle utilise ni évaluation exploitable, et en demande le remboursement.

Questions techniques que le juge ou l'expert peut poser

  • Quels systèmes d'IA étaient effectivement utilisés dans l'organisation à la date des faits : outils autorisés, outils tolérés, usages non déclarés ? Quelles traces en existe-t-il (inventaire, licences, journaux d'accès) ?
  • Quelles mesures existaient — formation, charte d'usage, guide, paramétrages restrictifs, accompagnement — et depuis quand ? Qui les a suivies ?
  • Leur contenu était-il adapté aux outils réellement utilisés, aux rôles des personnes et aux risques du contexte, comme les données confidentielles ou les décisions sur des personnes ?
  • La formation traitait-elle des limites techniques pertinentes : hallucinations, biais, confidentialité des requêtes, vérification des sorties ?
  • Les preuves de suivi (émargements, journaux de plateforme, évaluations) sont-elles fiables et datées ?
  • L'incident reproché relève-t-il d'une limite connue et documentée de l'outil, qu'une formation adaptée aurait dû couvrir ?
  • Pour une formation contestée : le programme livré correspond-il au programme vendu, en durée, en supports, en adaptation annoncée et en évaluation des acquis ?

Quelle compétence technique ?

  • Connaissance pratique des outils d'IA générative du marché et de leurs limites.
  • Ingénierie pédagogique : adéquation d'un programme à son public et à son contexte.
  • Analyse de journaux et de plateformes de formation.

Éléments techniques à réunir

  • Inventaire des outils d'IA, politiques d'usage, paramétrages des comptes (comptes entreprise, désactivation de l'entraînement sur les données).
  • Supports de formation, programmes, feuilles d'émargement, exports de la plateforme de formation, résultats d'évaluation.
  • Journaux d'utilisation de l'outil au moment de l'incident, requêtes et sorties si elles ont été conservées.
  • Documentation du fournisseur de l'outil sur ses limites.

Textes applicables

Décisions rendues

Aucune décision française publiée n'a été identifiée sur ce type de litige à la date de révision de cette fiche.

Limites de l'analyse technique

  • Une « certification article 4 » vendue par un organisme n'a pas de valeur réglementaire propre ; l'analyse porte sur le contenu et l'adéquation des mesures.
  • L'article 4 ne crée pas, en lui-même, de droit du salarié à une formation déterminée ; sa portée dans un litige de travail relève du juge.
  • L'obligation de former les personnes chargées du contrôle humain des systèmes à haut risque est une autre obligation (art. 26), reportée à 2027 ou 2028.

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Sources et références

  1. Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l'intelligence artificielle. EUR-Lex, Office des publications de l'Union européenne · Source primaire · consulté le 23 septembre 2026
  2. Règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 modifiant le règlement (UE) 2024/1689 (omnibus numérique sur l'IA). EUR-Lex, Office des publications de l'Union européenne · Source primaire · JO L du 24 juillet 2026 · consulté le 23 septembre 2026
  3. AI Literacy — Questions & Answers. Commission européenne · Source institutionnelle · mise à jour du 27 juillet 2026 · consulté le 23 septembre 2026
  4. Code de procédure civile, article 238. Légifrance · Source primaire · version en vigueur depuis le 1er janvier 1976 · consulté le 23 septembre 2026

Rédaction : Denis Atlan Publié le Méthode éditoriale et corrections

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